Variantes des règles du « Jeu du critique et du poète »

Par Nicolas Roy et Jeanne Mathieu-Lessard — Ce que peut la littérature

C’est à la demande des nombreux lecteurs qui, ayant fait l’expérience de la première mouture du présent jeu, parue dans notre premier numéro, se sont empressés de nous faire parvenir leurs enthousiastes commentaires, que nous ajoutons aujourd’hui à votre plaisir en vous proposant des Variantes des règles du « Jeu du critique et du poète »

Les règles de base sont les mêmes que celles de la version originale. (Consultez les pages 70 et 71 du premier numéro, ou encore rendez-vous au www.revuechameaux.com, onglet « Numéros -> Amalgame ».)

1. Il vous faudra :

  • un chapeau
  • une fausse moustache
  • un ou des foulards, que le poète se doit de porter au cou, lâchement, lorsque vient son tour
  • papier, ciseaux et colle (facultative)

2. Variantes poétiques :

Le « Jeu du critique et du poète », bien qu’il comporte de nombreuses contraintes, se veut une incitation à la création, ainsi qu’à la performance devant public (restreint). Le poète qui parvient à agrémenter sa création par l’une ou l’autre des variantes suivantes obtient automatiquement un bonus.

Le chantre inspiré
Le poète qui récite son poème sous forme chantée obtient 1 point supplémentaire, et ce, qu’il s’agisse d’une mélodie reprise ou d’une création spontanée.

Le collectif
Le poète en mal d’inspiration se voit accorder la permission spéciale de convoquer un ou plusieurs autres joueurs à l’aider. Tous les joueurs impliqués doivent alors réciter le poème de concert le moment venu. Ce privilège ne peut être utilisé par le joueur qu’une fois toutes les 4 manches, et lui procure (dans le cas où la récitation à l’unisson est réussie), un boni de 1 point.

*** Attention ! ***

Pour réaliser cette variante, l’emploi des foulards au cou est obligatoire. Si l’un des poètes attitrés néglige le port du foulard, il entraîne la perte des points récoltés dans cette manche par tous les joueurs impliqués.

L’exploit
Toute référence interne à un autre poème conçu dans le cadre de ce jeu constitue un exploit. Le poète obtient autant de points qu’il y a de paires de joueurs (n / 2 points).

3. Variantes critiques :

Le critique, ne l’oublions pas, assure lui aussi une performance, et ce, peu importe son parti pris interprétatif. Les prouesses suivantes se voient toutefois accorder une attention particulière.

Éloge de la brièveté
Le critique qui parvient à émettre son commentaire en un souffle se voit mériter un bonus de 2 points. La pertinence du commentaire est jugée selon les règles habituelles.

De la métacritique
Le critique qui convoque de façon pertinente une référence à un poème ou à une critique issu de ce jeu double les points obtenus au cours de la manche. (Attention : dans le cas d’un cumul négatif, le critique déduit le double des points.)

Le critique qui eût voulu être un artiste
L’exégèse, tout comme la poésie, peut être musicale. Aussi le critique qui chante son commentaire obtient-il 2 points.

Le clown en équilibre
Le critique qui énonce son commentaire en équilibre sur ses mains, tête renversée, laissera tous les autres joueurs pantois. Or, ce type de performance, bien qu’impressionnant, fait toujours obstacle aux propos du critique. Pour cette raison, 2 points sont retirés au faux clown.

La totale
Il s’agit ici de la variante la plus corsée de toutes, puisqu’elle combine l’Eloge de la brièveté et Le critique qui eût voulu être un artiste. Une critique chantée en un souffle, et qui obtient un avis général positif au vote, entraîne un bonus de 10 points, et un mérite éternel.

Ce que peut la littérature

Revue Chameaux — n° 3 — automne 2010

Dossier

  1. Présentation du dossier

  2. La littérature et le pouvoir

  3. Dire la complexité du réel. Entretien avec Pierre Nepveu

  4. Où donc se cache le littéraire ?

  5. Comme une odeur de brûlé... Pour une histoire compréhensible de la destruction des livres

  6. Mozart, professeur de théâtre

  7. La littérature est un non-pouvoir

  8. Raisons de vivre heureux

  9. Poétique de la traduction. Entretien avec Tatiana Mogilevskaya et Alexandre Sadetsky

  10. Ce que peut le roman noir

  11. La littérature ?

  12. Variantes des règles du « Jeu du critique et du poète »

  13. L’espace théâtral de Jean-Philippe Joubert : expression, ouverture et engagement

  14. L’ « homme agonique » n’est pas un homme qui s’éteint

  15. Théâtre, lecture et « extrospection »

  16. Le bonheur d’un « gars de livres »

  17. Entrevue à grande vitesse avec Maurice G. Dantec